+ Le chant du vario +

Forum de parapente

11 Août 2020 - 11:42:10 *
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Auteur Fil de discussion: Dernier vol avant la nuit  (Lu 36810 fois)
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thibaud
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Y a pas que le parapente pour voler...


« le: 05 Mai 2010 - 11:44:16 »

[Avertissement] Attention, ce texte à reçu le label du Parti pour une Ecriture Durable et Environnementale (une écriture de PEDE pour les intimes). En conséquence de quoi, il est garanti sans smiley importé de l'autre bout de la toile, il n'a pas impliqué le travail de jeunes émoticônes asiatiques, ni d'autres symboles génétiquement modifiés pour clignoter ou briller la nuit au détriment de la consommation électrique. J'en appelle à la sagesse du lecteur averti (ça tombe bien on est toujours dans la section avertissement) pour identifier tout seul l'ironie, le second degré et parfois même l'humour qui peuvent parsemer le texte. D'autre part, des rumeurs persistantes font état d'une très large part d'autodérision dans les lignes qui vont suivre. Vous voilà donc prévenus !

TOI !
Oui Toi, attiré par ce titre ronflant et prétentieux, attiré par la flamme du tragique comme un papillon de nuit. Toi qui n'a rien d'autre à faire pendant la journée que gâcher la confiance et l'argent de ton employeur. Oh, ça te concerne aussi petit malin, toi qui ne découvre ce message que le soir venu, n'as-tu pas une copine, une femme ou un poisson rouge dont il faudrait  t'occuper avec amour et attention plutôt que de rester là, à lire les élucubrations numériques d'un camarade virtuel ?

Si tu es encore là, tu as déjà répondu à la première question, présentement tu n'as rien de mieux à faire que glander sur le net. Ca tombe bien, moi non plus.
Te voilà donc ici pour partager une expérience hors du commun. Tu as bien fait de rester. Tu t'apprêtes à découvrir au travers de ce récit quelque chose qu'à ma connaissance aucun parapentiste n'a jamais fait. J'ai repoussé les limites du possible vers des horizons nouveaux et fantastiques.

Il y a dans le domaine du parapente un bizutage assez fréquent qui veut que l'apprenti volant se sente obligé d'imposer à un public blasé le récit de son premier grand vol. Pour la peine, il aligne les superlatifs, les "extraordinaire" et autres "moment magique" de "liberté absolue" de "se sentir voler comme un oiseau".
Hey gars, t'as atterri, c'est bon ?
Alors remet les pieds sur terre. Tu t'es juste retrouvé en sac à patate confortablement installé sur une chaise longue suspendue à des ficelles. Avec un gus à la radio qui te disait quand tirer la ficelle gauche et quand tirer la ficelle droite. Pas de quoi en faire un roman non plus.

Il y en a qui continuent après de raconter leurs petites histoires et leurs vols. C'est le plus souvent présenté comme des récits "pour partager" (rendre jaloux, ouais) ou alors "pour apprendre aux autres" (à traduire par "se la péter") ou encore "pour garder une trace" (pas dans le fond du slip, ces prétentieux prétendent marquer la mémoire collective avec leur "cross" de quinze bornes le long des crêtes à mouettes). En bref, désolé pour les filles (surtout pour celles qui s'adonnent à l'exercice) mais c'est surtout un moyen de voir qui à la plus longue (il y en a même qui prétendent en avoir une de plus de 400 bornes ou capables de faire 281 fois le tour du slip).
On en trouve, parmi les plus atteints, des qui s'essaient à l'humour en narrant leur frustrations de vol de courte durée et leur changements de matériels dans des récits aussi pathétiques qu'inintéressants.

Et puis il y a ces autres histoires, beaucoup moins drôles. Les histoires de ceux pour qui le parapente s'arrête provisoirement ou définitivement suite à l'accident. Ceux qui terminent leurs derniers cross ou leur dernier tour de SAT en y laissant leurs jambes quand ils ne finissent pas six pieds sous terre parmi les taupes que nous avons tous côtoyé une paire de fois. Je ne commenterais pas ces récits, car ils ne me font pas rire et j'ai tendance à les éviter.

Pour en revenir à quelque chose de plus léger, je disais qu'au travers de ce récit vous allez découvrir quelque chose qu'à ma connaissance aucun parapentiste n'a jamais tenté. On trouve donc plein de récits de premières fois, de vols, ou de ces derniers vols se terminant dans des circonstances tragiques. Et bien je vais également vous raconter mon dernier vol. Malgré une paire de péripéties et un final pour lequel j'éprouve une certaine honte, il ne m'est rien arrivé de fâcheux. Je pense que c'est une première. Je soupçonne les autres ayants arrêté l'activité de s'être désintéressés du vol libre en général. Ce n'est pas mon cas, et je continue moi aussi à gâcher l'argent de mon employeur en passant bien trop d'heures de bureau à lire les péripéties de mes camarades volants. Surtout que ce printemps est pour le moins riche.


Il parait qu'il ne faut jamais dire jamais, mais ce texte tient aussi lieu d'épitaphe dans ma vie de parapentiste. Voilà mon dernier vol avant la nuit...

Et pour donner dans le côté symbolique et marquant, j'ai volé le dernier jour de validité de ma licence soit le 31 décembre 2009. La fin d'une année, la fin d'un monde, le tout dans un autre hémisphère, au milieu de l'océan indien.

Ce n'était pas une si grande nouveauté pour moi, j'avais déjà volé à la Réunion. A l'époque, jeune volant tout fraichement émoulu d'une vingtaine de ploufs, j'en avais rajouté deux à mon carnet de vol, sous le soleil de l'ile Bourbon, émerveillé par le survol d'un lagon turquoise, le spectacle des tortues et la magie de poser sur la plage.

Il faut que je fasse un mini point pour tous les pauvres qui n'ont pas l'opportunité de saloper l'atmosphère avec des vols longs courrier pour saccager des destinations exotiques. D'ailleurs, je me suis toujours demandé comment ils pouvaient investir dans du matos fiables pour se jeter dans le trou ces pauvres sans être contraints de manger des pâtes pour le restant de leurs jours, ce à quoi on m'a répondu qu'il y avait un rapport de cause à conséquence. Le corollaire serait qu'en tout mangeur de pâte il y a un parapentiste qui sommeille ?
Oups je m'égare, donc un bref topo sur le vol sur l'ile de la Réunion. Comme son nom l'indique il s'agit effectivement d'une ile pour les trois du fond qui suivent. En gros c'est une montagne posé en plein milieu de nulle part sur l'eau.
Vu que le vent dominent se ballade toujours dans le même sens, il y a un côté exposé au vent où en gros il pleut tout le temps. Et un côté sous le vent ou en gros il fait beau tout le temps.
On vole donc sous le vent, dit comme ça, ça pique un peu au début, mais on le vit très bien. Surtout que le reste de l'ile protège pas mal dudit vent dominant.
Dernière particularité, c'est que le temps se couvre assez vite dans les hauteurs, les journées débutent souvent sans un nuage tandis qu'à midi il pleut sur les hauts.

Donc pour voler là bas, c'est conseillé de voler tôt. C'est encore pire si tu veux décoller de haut. Il faut carrément investir dans un réveil avec une alarme musclée. Ben oui, parce qu'en tant que touriste, tu fais la fête tous les soirs, et comme tu veux goûter les spécialités locales à base de canne-à-sucre tu finis dans un état second (voire troisième). Et encore, j'ai pas parlé du Zamal (mais pour le coup, je n'en aurais pas tâté).
Tout est que me concernant, le réveil j'ai eu du mal à l'entendre. Et que donc, jour après jour, je me disais trop tard pour voler, j'essaierais demain.
Pour le dernier jour sur place, le 31 décembre, j'ai réussi à me lever mais j'étais de corvée shopping au marché créole. Joies de la vie de couple,me voilà perdu au milieu d'un marché pas aux odeurs étranges plutôt que de profiter des premiers thermiques. Argh, j'ai eu beau presser l'affaire on a terminé seulement à 11h. Qu'à cela ne tienne, c'était la dernière occasion où jamais. Et puis je l'avais tellement fantasmé ce vol. Accessoirement j'avais tellement galéré pour convaincre ma moitié de l'opportunité de sacrifier notre quota de bagage pour emmener ma voile.
Donc je suis allé voir, aux Colimaçons (le spot facile pour voler là-bas, pas forcément le plus beau, il est normalement suffisament bas pour permettre de voler toute la journée). Avant de monter, le plafond baissait petit à petit mais ça volait encore, youpeeee...

C'est parti, je ne me souvenais plus que la navette était aussi longue. Pendant ce temps là tous les parapentistes finissaient par se poser. Plus inquiétant encore, je n'en voyais pas d'autres repartir. Et pour cause, arrivé sur place, les barbules grises se baladaient tout juste une dizaine de mètres au dessus de la tête. Mais bon, vent pas trop de travers, assez soutenu mais régulier, pas de moutons sur la mer (on m'a dit qu'à la Réunion, fallait pas voler quand il y avait des moutons sur la mer, chais pas pourquoi, peut être que les parapentistes réunionnais sont allergiques aux kébabs).


Une fois tout déballé, le vent s'était bien renforcé et carrément orienté sud, donc plein travers. Ouuups! J'ai définitivement oublié la petite voix qui me disait, "Tibô, c'est pas très raisonnable ce que tu fait" car la deuxième petite voix me disait "Allez Tibô, c'est pas pire que sur les sites de soaring comme à la dune ou à Allevard, t'as déjà volé avec plus de vent, et puis en plus il est tout laminaire, facile non ? Et puis tu vas pas repartir avec des regrets".

Histoire d'évaluer la situation, je fais un peu de gonflage. C'est pas évident en travers de la pente, mais ça peut le faire. Première erreur, je n'étais pas, mais absolument pas sur un site à soaring, pas assez de pente.


Je m'élance et je me mange une grosse fermeture au moment de réorienter la voile dans la pente (oui, c'est définitivement travers). Qu'à cela ne tienne, je vais donc décoller de travers mais face au vent. Deuxième erreur.

Donc en quelques pas ça décolle, yesssss !



Mais bon, il y a du vent quand même. Et la Mojo, c'est pas la Faïal. Ca a un côté tracteur assez prononcé. Ca pardonne tout, ça bouge pas, mais dieu que c'est lent.
En l'occurrence je peux affirmer qu'il y avait entre 25 et 35 km/h de vent. Suffisamment pour scotcher net une Mojo(voir même la faire reculer par moment).
Par contre il n'y avait pas assez de vent et/ou de pente pour tenir en dynamique.
Du coup j'avançais à la vitesse d'un escargot neurasthénique et à une hauteur d'une poignée de mètres (c'est quand même très rare les escargots volants, il faut le souligner).
Mais de pente après le déco, il n'y en avait guère plus, ce n'était qu'un immense champ de canne à sucre. Fort heureusement pour moi, ce n'était que des jeunes plans sous mes pieds.

Parano et peureux, je maintenais aussi une bonne présence aux freins. Surtout qu'il y avait de-ci delà des bullettes assez costauds (enfin pas suffisamment pour me permettre de prendre véritablement de la hauteur).

Comme ça j'arrivais à la fin du champ de canne à sucre, en me disant que définitivement, c'est beaucoup mieux une fois distillé en bouteille, pi avec un peu de menthe, de citron vert, de limonade et beaucoup de glace. J'avais gagné approximativement une altitude relative de trois mètres. Le hic c'est qu'en contrebas du champ, il y avait une bonne rangée d'arbres. Exactement le genre à faire trois/quatre mètres de haut.

Option 1, je relâche les freins, j'accélère un poil et j'essaie de passer en force.
Mauvaise idée, soit ça ne passait pas et je me trouve sous le vent (un vent quand même bien soutenu, le lecteur attentif l'aura remarqué). Soit ça passait trop juste et je me retrouve perché en haut des arbres. Pas pratique pour redécoller. Soit avec un peu de chance ça passait, mais vu qu'il n'y avait toujours pas beaucoup de pente, je risquais de me retrouver à poser dans un endroit absolument pas fréquentable. J'ai déjà posé dans le Manival, tester l'atterrissage dans les ravines Réunionnaises ne me tentait pas vraiment.

Du coup, j'ai pris l'option 2 je me suis posé délicatement (en faisant du surplace c'est facile) entre deux rangées de canne à sucre, sans saccager le champ.

Et j'ai donc remonté la pente. C'est fou comme dans l'autre sens, elle parait plus raide. Le 31 décembre à la réunion, c'est la saison chaude et humide, il devait faire dans les 35°, il y avait bien 200% d'humidité dans l'air. Avec ma voile en bouchon sur l'épaule, en jean. Le bonheur.

Quelques litres de sueur plus tard, je termine ma montée dans le brouillard, visiblement le nuage avait continué de descendre pendant que je faisais mumuse en quasi statique au dessus du champ. Au cas où, je ré-étale mon matos, je profite des rares moments ou le nuage daignait remonter un brin pour gonfler et vérifier ma voile. Infatigable la tite mojo, toujours parfaite.
Le vent continuait à ronfler et je n'ai pas réussi à retrouver de nouveau créneau avec plus d'une minute de visibilité sur la mer. C'est donc très désappointé et un peu amer que j'ai tout replié. C'était probablement mieux ainsi.

Pour mon dernier vol, je n'aurais pas survolé ni lagon ni tortues, j'aurais juste profité encore 5 minutes "extraordinaires" de ce "moment magique" de "liberté absolue" de "se sentir voler comme un oiseau".

Enfin bon, je me suis bien rattrapé quelques heures plus tard sur la canne à sucre, en bouteille cette fois. Et puis c'était le réveillon. Petite dédicace pour ceux qui affectionnent les ballons brésiliens lors de la coupe Icare. Une fiesta sur la plage de St Gilles, dans son genre c'est aussi un "moment magique". Ca vole aussi mais c'est beaucoup plus calme.


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« Répondre #1 le: 05 Mai 2010 - 11:45:17 »

[Message personnel, Piwi c'est nouveau cette limite à 200 000 caractères ?]

Maintenant que j'ai écarté les curieux avec ce récit pataud, je peux en venir aux choses sérieuses et passablement polémiques. Avec le recul, je vais essayer d'analyser pourquoi j'ai arrêté le parapente. Les vraies bonnes raisons, les psychoses et tout ça.

Aller hop, je vais redemander un Dédé un ballon de rouge et vous expliquer ma vision du monde et faire un peu de psychologie de comptoir. Ca tombe bien j'y connais rien (s'il fallait s'y connaître pour parler de quelque chose, qu'est ce qu'on s'emmerderait).

Si on remet les choses à leurs justes valeurs, je n'ai qu'une seule raison qui ma poussé à arrêter l'activité. C'est tout bêtement la disparition du plaisir que je prenais à voler. Tant que l'activité reste un loisir et non un travail, le plaisir doit en rester le moteur prépondérant.
Le plaisir peut être immédiat, comme avec une tartine de nutella, faire coucou aux randonneurs vus d'en haut, profiter d'une vue somptueuse habituellement réservée aux oiseaux, envoyer un bon troicisse...
Le plaisir peut aussi être projeté, et c'est parfois tout aussi bon d'imaginer le bonheur qu'on va retirer d'une activité, comme lorsque je ressors de la FNAC avec un sac plein et un compte en banque vide, que je furetais sur le net à regarder les sites météo pour déterminer la journée et le site qui allaient le faire, lorsqu'on se serrait à 4,5, 6 ou sept et autant de parapentes dans une pauvre petite voiture pour monter au déco...

En l'occurrence, de ces deux aspects du plaisir, il ne me reste que les ruines d'une splendeur passée. Le bel édifice anéanti par la peur et la frustration, comme autant de catastrophes naturelles pour la confiance en soi.

Avec le recul que j'ai depuis près de six mois, je vais essayer de remonter le temps pour analyser mes derniers vols. Pas grand-chose à dire du dernier vol à la Réunion relaté au dessus. Je n'aurais pas du essayer j'ai été gentiment puni par ce loisir "qui pardonne si souvent".

C'est véritablement avec le vol précédent que ma décision est venue. J'ai passé bien des nuits à la mûrir au point que cela m'empêchait de dormir.
La goutte d'eau qui m'a plongé dans cette introspection insomniaque c'est mon avant dernier vol, vers midi, à Allevard.
J'en ai déjà parlé, mais juste pour resituer le contexte. Ce jour là, j'étais pas bien dans mes baskets (comme pour la plupart de mes vols précédents). Au déco, ça semblait vouloir commencer à tenir. Mon objectif était simplement de plouffer, donc pas trop de pression. Mais en l'air, sortie de déco, c'était malsain, bizarre, un peu chahuté. Pas pire, mais suffisamment pour me donner envie d'écourter mon vol (comme tant d'autres fois auparavant). J'arrive au dessus de la ville sans encombre, mais là une nouvelle séance de break-dance avec ma voile qui part dans tous les sens. Je suis super tendu, méga stressé, mais je gère à peu près le truc. Ca se calme une poignée de secondes (il faut entendre : ça bouge "un peu" moins).
Et là c'est le drame, outre les tremblements incontrôlés, je ne sens plus mes bras. Enfin je sens surtout une sensation comme les fourmillements, mais en puissance mille. Je n'ai plus aucune sensation tactile de la pression de la voile dans mes mains.
Flippant et surtout compliqué pour piloter, non ? Je ne me vois pas du tout construire mon approche au dessus de la digue dans ces conditions. C'est alors que dans le mépris le plus absolu des règles locales je vais survoler le lac (à ma décharge, j'avais encore pas mal de gaz). Bingo c'est effectivement plus calme. Mais le hic c'est que j'ai beau faire, je n'arrive pas à chasser ces maudites fourmis qui ont envahi mes bras.
Je finirais par aller me poser de l'autre côté du lac, un peu plus venté mais nettement moins turbulent. Et c'est bien dix minutes après l'atterrissage que je reprendrais mes sensations dans les mains et dans les bras.
La seule conclusion à laquelle j'ai pu arriver de ce phénomène c'est que sous l'effet de la crispation assez violente pendant les moments ou ça bougeait, j'ai du perturber les nerfs qui allaient bien pour contrôler ses avants bras.
J'ai tiré deux analyses de cette expérience. La première, c'est que je ne me sens plus bien quand je pars voler, la deuxième c'est que le stress a des vraies répercussions physiques qui me mettent en danger. En l'air je n'arrivais même plus à retirer mes mains des dragonnes, je ne serais certainement pas arrivé à trouver la poignée de mon secours, encore moins à gérer un vrac.

Je pense pouvoir remonter à l'origine de ce mal être, il se trouve quelques vols plus tôt, toujours à Allevard. Décidément, plus j'y pense, plus je me dis que ce site n'est pas sain. A l'époque j'avais un peu (pas beaucoup) plus de moral et un peu plus la niak. Un léger sud annoncé, je profite des bontés de l'école locale pour m'emmener au déco sud. Une poignée d'élèves avec des niveaux très différents me tiennent compagnie.
Sur place, l'école envoie rapidement ses stagiaires. C'est que le vent se renforce petit à petit et que ça commence à thermiquer sévère. Petite ambition pour ce vol, tourner un peu en local pour reprendre confiance, essayer de monter un peu et objectif d'essayer de monter aux Plagnes pour faire un petit touch-and-go. J'entends des gus à la radio qui ont eu la même idée, c'est donc que ça le fait. Pendant c temps là, j'attends que tous les élèves aient décollé avant de m'installer.
Quand je pars, ça c'est bien renforcé et il y a de sacrées bouffes. Impeccable pour décoller sans efforts.
En l'air changement d'atmosphère, ça bouge vraiment beaucoup. Des petites bullettes pas exploitables mais violentes qui explosent la voile. Le seul élève qui soit resté en l'air se fait littéralement démonter, sa voile fait tout comme on apprend dans les SIV, en avant, en arrière, façon montagne russe. Je suis impressionné, malgré le manque de contrôle, ça ne ferme pas.
C'est impressionnant mais pour l'instant ça va, je me maintiens. Jusqu'à ce que je rencontre une pure saloperie. Pas le temps de comprendre, j'avais l'impression que ça arrachait ma voile quand d'un coup plus rien dans les mains. Je me sens basculer en arrière. J'ai le temps de regarder en haut pour voir que ma voile ne s'y trouve plus, qu'elle est partie faire un petit tour en chiffon pour rentrer dans le sac.
Le temps semble comme figé, j'hésite, je ne comprends pas. Décro en entrée d'un truc velu ? Frontale massive ? Je sais pas, pourtant je n'avais pas trop de freins.
Tant pis il va falloir faire quelque chose, je vais essayer de temporiser. Trop tard, c'est parti trop loin, trop fort, trop devant. Je suis à la rue et pas symétrique. C'est donc fort justement parti pour une asymétrique dans les dents. Très gérable par contre, pas violent malgré le rappel pendulaire et pas de départ en rotation à déplorer (ou alors mon agripage du faisceau d'élévateur côté ouvert s'est révélé salutaire). Par contre c'est impressionnant de voir le truc se passer vu que j'avais la voile en face à ce moment là.
Passé cette sueur froide cassos en direction de la vallée. Ou c'était fort heureusement beaucoup plus calme (+1 en continu, tout doux, j'ai même hésité à aller faire du saute-mouton par-dessus Brame Farine pour poser chez moi).
Clairement, c'était ma plus mauvaise expérience de vol. Encore aujourd'hui à rédiger ce récit je sens cette boule au ventre, même si les détails sont flous, j'ai gardé intacte cette sensation de tomber, d'être au milieu du vide à prendre rendez-vous avec la faucheuse.

Avant ce vol malheureux qui a définitivement anéanti les reliquats de confiance en soi qui pouvait me rester. J'ai vécu pendant longtemps une sensation bizarre. Beaucoup trop de boulot, beaucoup de trucs perso m'arrivaient, pas le temps de
Sortir ma voile. Je volais seulement une fois par mois, pour "un vol de reprise" et pendant longtemps, j'avais cette première phase avant le vol d'angoisse. Un vol plus ou moins écourté par des conditions plus ou moins difficiles. Et à chaque fois à l'attéro j'avais cette rage de voler, qui me reprenait. Les dents qui recommençaient à pousser, l'envie folle de me battre contre les thermiques et leurs montrer qui était le patron. Mais malheureusement à chaque fois j'avais "pas le temps", "d'ailleurs je suis grave à la bourre", mais "demain j'y retourne", "la semaine prochaine c'est sûr".
Et puis un mois se passait avant que je ne ressorte ma voile.

Puis petit à petit ce sentiment euphorique post-vol a disparu, remplacé par un "posé vivant, posé content". La frustration et la jalousie par rapport aux camarades volants s'est ramenée aussi, ancrant fermement un sentiment de dégoût de soi et de cette saloperie de trouille.
Et puis finalement, quand j'ai eu de nouveau un peu le temps, je n'avais plus envie de voler. "Si c'est pour faire un plouf de 5 minutes et me faire peur, à quoi bon ?". Je me suis acharné un peu à me forcer à sortir en espérant que l'envie revienne, elle n'est jamais revenue. Au contraire je me suis fait encore plus peur (cf. les deux récits précédents).

Ce que je pense maintenant, après six mois cloué au sol.
Je continue à lire et à vivre par procuration les exploits de mes camarades volants mais je n'éprouve plus ce pincement au cœur de jalousie, voler me manque énormément, mais je n'ai aucune envie de reprendre ma licence.
En fait, je n'ai peut être pas trouvé dans le parapente ce que j'y cherchais. Vol libre à ce que l'on dit, il ne l'est pas vraiment. Ce n'est finalement pas le parapentiste qui décide de son itinéraire dans les cieux, il ne fait que grappiller des cheminements compliqués dans les miettes de ce que la météo et l'orientation des reliefs lui permettent.

En outre, ma trouille même si elle relève de l'irrationnel et du subjectif, elle a quand même des justifications profondes. Malgré tous les discours rassurant que j'ai longtemps moi-même colporté, le parapente reste un sport risqué ET dangereux. J'ai longtemps pensé que l'on maitrisait un peu le risque. Au final oui on pourrait le gérer mais non on ne le fait pas. Honnêtement, on se lasse des ploufs le matin sur site archi connu alors qu'il n'y a pas de vent météo, ni de nuages dans le ciel.
Au contraire, le parapentiste moyen cherche les conditions musclées et les turbulences, seul espoir de faire durer le vol. Et parmi ces parapentistes qui pensent avoir de l'expérience, qui pensent maitriser l'aérologie, combien ne se sont pas fait surprendre? Honnêtement, je n'en connais pas.
Et sans parler de surprise, combien d'entre nous ne prend pas de risques inconsidérés en toute connaissance de cause, à aller chercher les thermiques sous le vent, à frotter le caillou, à oublier les priorités dans la grappe, à accélérer dans les turbulences, à griller volontairement toutes ses marges ?

L'activité favorite du volant moyen en bande qui attend dans l'herbe "que les conditions s'installent" est de critiquer ceux qui décollent. Et très souvent la phrase revient, toujours la même "il a eu de la chance celui-là, il à du bol que le parapente pardonne". Je repose encore la question, qui parmi nous n'a pas bénéficié de cette chance proverbiale de temps en temps ? Qui n'a pas "grillé un jocker" ?

Il parait qu'il faut prendre des risques pour se sentir vivant. Je suis assez d'accord. Autant le gars qui saute une barre de 10 mètres à ski, qui descend un couloir de 60°, qui se tente l'Eiger a une évaluation directe de l'engagement. Autant le parapentiste ne l'a pas.

Je ne préfère pas parler du côté danger. Le bon sens paysan veut que rester suspendu avec des centaines voir des milliers de mètres de vide sous les pieds n'est pas forcément très bon pour la santé. Si la rupture inopinée du matériel est plutôt rare, une bonne cravate reste un bon moyen de trancher du tissu. La plupart des parapentes ne sont pas conçus pour sortir tout seul d'une autorotation si le pilote à un malaise. En cas de twist sérieux, il vaut mieux prier pour que le secours ait été correctement plié. Et puis le problème avec un contact violent avec la planète c'est qu'il y a souvent des cailloux tranchants qui trainent surtout dans les endroits fréquentés par nous autres.

En attendant bon vols à vous. C'est un sport passionnant que le vôtre. Continuer à faire rêver les terriens comme moi. Pour ma part, je vais en rester au macramé.
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« Répondre #2 le: 05 Mai 2010 - 12:13:28 »

Très bon texte, je crois que tu es dans le vrai en cherchant la source du stress plusieurs vols en amont, nos réactions plus ou moins inconscientes nous sont rarement dictées par l'environnement immédiat mais prennent sources bien plus tôt.

Merci de ce texte, rares sont les gens qui cherchent ailleurs que dans le factuel et l'instant pour expliquer l'incident. Cela recoupe pleinement une discussion avec un collègue deltiste où il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas sorti la dent alors que son ami oui...

C'est à mettre en parallèle avec ce que je copie dessous, un document bien util permettant d'analyser avec un grille de lecture vos incident ou même les vols qui se sont bien passés pour chercher où vous étiez en danger même indirect et surtout le pourquoi... C'est un document issu du CAF Toulouse calqué sur les comportements à risques des pilote d'avions. Ces comportements se retrouvant dans toutes les catastrophes aérienne.

Au bout d'un moment, tu t'habitues à regarder ce que tu fais au travers de cette grille et cela te permet d'être bien attentif à ton propre état et à tes propres signaux. Cela me permet de voler serein en expulsant les pressions parasites qui comptent tant lors des incidents (vouloir rejoindre les copains devant, décoller car c'est le dernier jours, nier la frousse du vol précédant, plaquer une erreur de positionnement...)

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Facteurs humains


   « Pourquoi des personnes expérimentées et formées au risque d’avalanche ont pu voir le danger, le regarder en face, et se comporter comme s’il n’était pas là ? » (Alain Duclos). (Ex : Villecrose, JF Roy, Chapoutot, Bérhaut, 2 guides en 2006, etc)
   Dans l’étude d’Alain Duclos, les ¾ des accidents se sont produits alors qu’il y avait au moins 3 indicateurs évidents de danger.
   50% des accidents se produisent par risque 4, alors que ce niveau de risque ne représente que 12% des jours.
   Quand on analyse les causes des accidents, on arrive dans la plupart des cas à identifier une prise de décision erronée. (erreur humaine).
   Analyse de 14 comportements venant perturber les étapes du processus de prise de décision.


Comportements-type

1.   L’habitude – la routine
   Le fait d’être dans une situation familière fait que l’on se raccroche à une analyse passée et détourne l’analyse correcte de la situation présente.
   L’habitude semble annuler les bénéfices de l’apprentissage
   Le processus échappe totalement ou partiellement au contrôle de l’attention (machinal)
   Sentiment d’invulnérabilité : « 30 ans de métier (de pratique) nous mettent à l’abri du danger »

2. L’obstination
   Le fait de prendre des décisions cohérentes avec une décision initiale (qui peut être correcte) sans tenir compte des nouvelles informations pertinentes qui apparaissent.
   Syndrome du Lion : l’objectif à tout prix
   Syndrome de la Vache : le retour à tout prix, même si le risque augmente

3. Le désir de séduction – le positionnement social
   S’engager dans une activité dont on pense qu’elle nous fera remarquer ou accepter par des personnes que l’on aime ou que l’on respecte, ou par des personnes dont on aimerait bien être aimé ou respecté.
   Conduite « à risques » des ados
   Les hommes en présence de femmes
   Les groupes ayant une sensation d’avoir un bon niveau prennent plus de risques après avoir rencontré un autre groupe.
 

4. L’aura de l’expert (comportement autocratique)
   Quand il y a un leader identifié (formel ou informel), ses décisions seront peu remises en cause par le reste du groupe, même si leur intuition leur dit le contraire.
   Un groupe où les décisions sont prises de manière consensuelle s ‘exposera moins.
   Avantage d’être à 2 encadrants (et rester « à l’écoute » du groupe)
   Pb inverse : Si une décision de prudence est prise, mais non justifiable techniquement (mais par l’expérience ou l’intuition), comment faire face aux frustrations/déceptions engendrées dans le groupe ?

5. La sensation de rareté
   « La fièvre de la poudre » : tracer plus loin au mépris du danger (Ex : Chamonix ou Les Arcs après une chute de neige)
   Attribuer une valeur à une opportunité, d’autant plus grande qu’on risque de la perdre.
   Variante : obstination due à la rareté des sorties possibles :
   Eclaircie pendant une période globalement perturbée
   Faible disponibilité des participants
   Volonté de « rentabiliser » la sortie

6. Sur-confiance
   La confiance en soi augmente avec l’impression de maîtriser le sujet.
   D’autant plus que le retour associé à une prise de risque est extrêmement positif lorsque le risque ne se réalise pas.
   Mauvaise capacité à tirer des enseignements des expériences passées.
   Impression d’avoir un haut niveau de contrôle de la situation.
   Savoir erroné (idées reçues).
   Le risque est sous-évalué et sous-estimé.

7. Erreur de représentation
   Le risque géré n’est pas le risque prépondérant : mauvaise hiérarchisation des risques.
   On n’est pas dans « le bon film ».
   Erreur résistante à la détection : on est persuadé de faire correctement son travail.

8. Laisser-faire
   Le souci de plaire de l’encadrant entraîne une augmentation de l’acceptation du risque, ainsi qu’un relâchement dans la prescription et le suivi de l’application des consignes.
   Encadrant avec faible leadership, ou faiblement reconnu. (faible crédibilité).
   Groupe sans leader formellement identifié, surtout si les participants sont de bon niveau.
   Décontraction excessive à l’issue d’une phase intense.
   Minimisation des erreurs commises.
   Attention aux mises en situation d’encadrement de chefs de course en cours de formation : la plus grande vigilance s’impose.
 

9. Indécision
   Tendance à repousser les prises de décision importantes.
   Mauvaise identification ou ignorance des endroits clefs de prise de décision.
   Tendance à privilégier les décisions qui entraîne un faible engagement ou qui semblent réversibles.
   Incapacité à s’adapter ou à renoncer.
   La cause est souvent une analyse incomplète et/ou floue.

10. Oubli du court terme (Sur-anticipation)
   La stratégie prend le pas sur la tactique.
   Obnubilé par un point clef de l’itinéraire ou par un risque probable, on en oublie la gestion de l’instant présent.
   Oubli ou négligence des actions en cours.
   Si ce qui a été anticipé ne se produit pas, on se retrouve avec un projet d’action inadapté et sans aucune bonne réponse prête.
   Attention aux situations hautement routinières.

11. Oubli du long terme (Sous-anticipation)
   La tactique fait oublier la stratégie, ou absence de stratégie.
   La gestion du risque à l’instant fait oublier la gestion globale de la sortie, risque de grosse surprise.
   Leader plongé dans ses instruments.
   Préparation sommaire ou absence de préparation de la course

12. Recherche de risques
   Il n’y a pas de plaisir de réussite sans risque d’échec. Certaines personnalités ont un tel besoin de consolider leur image interne qu’ils recherchent les situations de risque interne élevé (en limite de savoir-faire).
   Tendance à privilégier les solutions à engagement fort, à privilégier les hypothèses ou analyses optimistes.
   Veut toujours « aller voir »
   A beaucoup d’anecdotes de situations limites.

13. Recherche des marges
   Quand tout se passe bien, on n’a pas connaissance du niveau de marges que l’on avait.
   Tendance à rechercher des situations de plus en plus « limites » pour vérifier que l’on a toujours une analyse pertinente, associée à une sensation de haut niveau de contrôle.

14. Surcharge cognitive
   Leader débordé par la complexité d’une situation.
   Insuffisance de l’anticipation.
   Non prise en compte d’éléments importants.
   Prises de décisions impulsives, sans analyse raisonnée.
   Oublis nombreux.
   Comportement favorisé par un état de fatigue.

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"La survie dépend de la capacité à supprimer l'anxiété en la remplaçant par un raisonnement calme, clair, rapide et correct." Sheck Exley, 1949-1994
MichelM
Invité
« Répondre #3 le: 05 Mai 2010 - 12:25:21 »



Très bon texte de Thibaud  pouce  (presque un sans fautes, juste une petite fôte de frappe  Clin d'oeil )

Et très bonne réponse de Champlo  pouce avec ce texte (que perso j'avais déja vu dans un autre Club Alpin), et une des phrases de Champlo avant la citation du texte du CAF

(...) rares sont les gens qui cherchent ailleurs que dans le factuel et l'instant pour expliquer l'incident.

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surfair
Invité
« Répondre #4 le: 05 Mai 2010 - 13:36:17 »

Vraiment extra, Thibaud.
Une lucidité rare et surtout un discours assumé dans la sérénité.
Tellement de choses qu'on aimerait entendre un peu plus dans le milieu... tellement de choses à développer...
Un texte qu'on aimerait voir repris par la presse spécialisée.
Et enfin, des mots qui abandonnent le superficiel pour atteindre l'émotion.
Depuis 20 ans, ce n'est pas souvent que j'ai entendu un gars me parler vrai dans l'activité.
Je suis touché, bravo et merci.
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deuchiste
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« Répondre #5 le: 05 Mai 2010 - 13:36:48 »

 pouce
Superbe exercice, joli texte, passionnant et placé sous le signe de la franchise et de la modestie.
On sent le gars cérébral mais hyper réaliste sur la pratique.
Bravo Thibaud, ça vaut largement un  +1 au karma
Même si ça ne va pas aller dans le sens des gars dans mon genre qui psychotent déjà beaucoup et à qui on avait aussi déjà suggéré de faire du macramé...  Rigole
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Tu t'entêtes à tout tenter, tu t'uses et tu te tues à tant t'entêter...
Mathieu
Invité
« Répondre #6 le: 05 Mai 2010 - 13:44:48 »

Très bon texte en effet!  +1 au karma Thibaud!

Je suis juste un peu moins d'accord avec la partie sur la justification de ta trouille. Pas que je veuille nier la prise de risque, mais cette analyse est faite sur la base de ton vécu, de tes expériences et de ta pratique, et donc pas applicable à l'identique à tout le monde.

Concernant le post de Champlo, j'avais déjà vu ces facteurs quelque part, et je trouve ça très bien pensé, mais si on s'y fie entièrement, on ne fait plus aucune sortie, que ce soit en parapente, ski de rando, alpinisme... Bref, c'est juste une méthode un peu structurée pour permettre à chacun d'analyser sa pratique et sa prise de risque. Mais je suis pas sûr que ça permette d'évacuer complètement les pressions parasites comme le suggère Champlo.

Perso j'ai l'impression d'être à peu près conscient des risques, de chercher à les minimiser, et de les accepter en partie. Gérer le risque, pour moi, c'est comme dresser des barrières successives: la première concerne l'analyse (conditions, niveau, forme, objectifs, pression...). Ensuite il y a toute la sécurité active: entretien du pilotage, forme physique, niveau d'engagement, etc. Après, la sécurité passive (secours, casque, protection dorsale...). Et enfin, il y a la chance.

L'idée, c'est que ces barrières fonctionnent comme un filtre: elle ne suppriment peut-être pas entièrement le risque, mais elles l'atténue pour qu'il ne se concrétise que, au pire, par un petit avertissement de temps en temps histoire de remettre les pendules à l'heure.
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« Répondre #7 le: 05 Mai 2010 - 15:04:31 »

Je respecte le choix de Thibaud mais je ne suis pas trop d'accord avec ce qu'il écrit (même si la forme y est !). Je pense avoir déjà eu l'occasion d'en discuter avec lui ...
Ca part du principe qu'il n'y a qu'une façon de pratiquer le parapente : le cross, le thermique, faire plus que son petit camarade .... etc ...

Pourtant, si tu ne veux pas te faire secouer, tu te lèves à 5h du mat un jour sans vent, tu te fais une belle rando en profitant des bestioles et tu redescends à 9h00 au calme comme font Bernard et Cie ! Je sais que tu apprécies la rando (bon OK .... un peu moins de te lever à 5h du mat)

Allevard en Sud trop fort pour voler ailleurs, je n'y vais plus après une expérience similaire à celle de Thibaud ... Les trouilles vécues par Thibaud, je pense les avoir vécues (voire même les vivre encore aujourd'hui) à un degré moindre ... Bizarrement, cela correspond également à un changement de voile (cf Thibaud et sa faiaal) ... Certains m'ont expliqué que c'était une prise de conscience de l'activité ... sans forcer, je remonte petit à petit la pente et je n'ai pas honte de partir me poser qd je ne le sens pas (même si la description que font les autres de leur vol du même jour est dure à avaler ...)
Nous ne serons pas tous champion du monde, il faut accepter d'être inférieur et prendre du plaisir avec ce qu'on sait faire plutôt que de tenter le diable parce que d'autres l'ont fait ...
Je reste convaincu qu'il y a de la place pour tout le monde dès qu'on prend du plaisir à observer et non à se mesurer aux autres (le plus long cross .... cf la CFD ....).
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« Répondre #8 le: 05 Mai 2010 - 15:30:31 »

Très agréable à lire, comme toujours Sourire J'espère qu'on aura l'occasion d'avoir des textes similaires sur ta potentielle activité suivante Mr. Green
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Mathieu
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« Répondre #9 le: 05 Mai 2010 - 15:42:34 »

C'est vrai, moi aussi j'ai toujours rêvé de connaître les aspects les plus cachés du macramé!  Mr. Green
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Y a pas que le parapente pour voler...


« Répondre #10 le: 05 Mai 2010 - 15:53:27 »

Après avoir proprement remballé tous ceux qui trainaient sur les forums, je ne m'attendais pas à un tel accueil de mon message.
J'en suis tout zému, la larme à l'œil et tout ça.

Vous êtes deux à ne pas être d'accord avec mon analyse de la trouille. A me dire que c'est fonction de mon vécu, de ma pratique tout ça. Limite je serais susceptible, j'y reconnaitrais peut être le soir au fond d'une ruelle sombre le frétillement d'une petite critique implicite. Le genre de critique qui dirait tout bas que je prends mon cas pour une généralité. Et puis que si je veux prendre des vessies pour des lanternes que je me brûlerais et que ça serait bien fait pour moi.
Il y a même un outrecuidant qui me proposerait d'essayer d'autres activités, plus raisonnables, thermiquement parlant.

Alors je pourrais partir du postulat que de toute façon j'ai raison mais que ce serait une perte de temps que de vous le démontrer.
La deuxième option serait d'être d'accord avec vous, mais bon mon orgueil en prendrait un sacré coup, faut pas déconner non plus.
Non je vais choisir la voie politico-diplomatico-enfumage adoptée avec succès par nos têtes pensantes.
"En fait vous n'avez pas très bien compris mon propos. Ca tombe bien je vais vous le ré-expliquer (j'le fais bien le ton condescendant, vous trouvez pas ?)."

Plus sérieusement, ma vision et mon intérêt du parapente a toujours été pour le cross. Y compris lorsque je n'étais qu'un parapentiste wanabee qui attendait fiévreusement son premier stage en choppant toutes les infos possibles et imaginables.
J'imaginais alors que le parapente c'était une sorte de planeur, mais bien plus facile à mettre en œuvre. En fait je m'étais planté sur toute la ligne, le parapente ce n'est pas ça du tout (aujourd'hui je le perçois beaucoup plus comme un sport de glisse, façon surf).
Ce qui me plait dans le fait de voler, ben c'est tout simplement de voler, de me balader dans les airs.
Et à y regarder maintenant avec mon fameux vécu, un plouf ou un vol rando, ça reste assez limité comme balade (genre rejoindre l'attéro) et ça dure pas super longtemps (le rapport temps de montée/temps de descente reste quand même très défavorable).

Et du coup, si j'ai toujours adoré faire des ploufs pour découvrir de nouveaux sites, je me suis lassé. D'autant plus qu'à y réfléchir mes 50 derniers vols étaient des ploufs. Et que sur cinq ans de pratique de l'activité et j'ai honte de l'avouer vu le niveau au final j'ai fait à peu près 200 vols, je compte mes cross sur les doigts d'une main.
La rando, j'ai beaucoup aimé celles que j'ai faite (surtout que j'ai eu la chance de décoller à chaque fois) mais je l'ai toujours vu comme une pratique annexe et non principale.
Accessoirement, les thermiques se réveillent en même temps que moi, pas top pour faire de la rando tranquille.
   
Ps pour marc, j'espère que je n'aurais pas le même ressenti avec ma nouvelle activité, et si je viens raconter par ici, je risque de me faire lapider  Mr. Green  (oh tiens un smiley, zut, je m'étais bien dit qu'il fallait que j'arrête)
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« Répondre #11 le: 05 Mai 2010 - 17:57:17 »

De toute manière nous ne sommes pas égaux devant le stress, le corps qui se fait baldinguer, l'endurance, l'adrénaline, le plaisir...donc il y a autant de pratique qu'il y a d'individu, et choisir de ne plus voler n'est pas plus con que de vouloir être champion du monde. Heureusement il y a plein de variantes entre les deux...

J'imaginais alors que le parapente c'était une sorte de planeur, mais bien plus facile à mettre en œuvre. En fait je m'étais planté sur toute la ligne, le parapente ce n'est pas ça du tout (aujourd'hui je le perçois beaucoup plus comme un sport de glisse, façon surf).
Ce qui me plait dans le fait de voler, ben c'est tout simplement de voler, de me balader dans les airs.
Et à y regarder maintenant avec mon fameux vécu, un plouf ou un vol rando, ça reste assez limité comme balade (genre rejoindre l'attéro) et ça dure pas super longtemps (le rapport temps de montée/temps de descente reste quand même très défavorable).
C'est sur que si tu ne vois pas d'intérêt à chasser le thermique ou reposer d'où tu est parti, y'a pas vraiment de plaisir à faire du parapente, du planeur non plus d'ailleurs...
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« Répondre #12 le: 05 Mai 2010 - 18:00:06 »

Petite question : tu aurais pas fait la majorite de tes vols plus ou moins tout seul?
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« Répondre #13 le: 05 Mai 2010 - 18:15:47 »

je suis loin d'avoir décidé d'arrêter le parapente (très très loin meme), mais ce post rejoint peut etre une question que je me suis posé il y a une semaine après un vol assez raté et flippant (et frustrant donc) dans des conditions bien trop costaudes pour moi (mais j'avais trop envie de rejoindre mes petits camarades qui venaient de prendre X000 mètres en moins de 5 minutes plutot que d'ttendre gentiment au déco que ca se calme un peu).

La question c'est : "est ce que MA pratique du parapente vaut ce qu'elle me coute en temps, en risques, en frustration, en place dans la tête (ca prend beaucoup de place) ?"
Ma réponse à moi, c'est clairement "oui" (et c'est un post de Surfair dans le thread "formation" qui m'a pas mal aidé à la trouver) mais je vais sérieusement me reposer la question après l'été. Pour moi ca passera forcément par une augmentation significative de ma maitrise du parapente, ou ca s'arretera là.
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"...Au moins on y entrave, au plus on la ramène..."
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« Répondre #14 le: 05 Mai 2010 - 18:47:26 »

Trés beau récit Thibaud,j'ai bien aimé l'humour du premier message.
Concernant ton arrêt de  la pratique,tu es seul juge.Je pense que l'on est tous passé par des périodes de doutes,aprés des sketchs non programmés .Peut être devrais tu te donner une période d'un an ou deux,période de transition et de réflexion,et voir à l'issue si l'appel des grands vols est toujours présent.Sinon,stage macramé si possible à la Réunion. très heureux
La pauvre Faial dans tout ça, qu'est ce qu'elle devient?
Michel

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Le parapente reste avant tout un cocktail d'aventure avec un soupçon de folie,deux doigts d'émotion et un grand zeste de plaisir.
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« Répondre #15 le: 05 Mai 2010 - 19:16:47 »

 salut !  je partage entierement l'avis de surfair .......tu es assez grand pour avoir eu l'idée tout seul mais l'option paramoteur pourrait

coller ......allergique au bruit ??
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mg
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« Répondre #16 le: 05 Mai 2010 - 19:20:19 »

salut               tres beau texte ,belle pensée .pour ma part le parapente prend baucoup de place dans ma tete pourtant j,ai pensé   un moment arreter comme toi ,je ne supportais plus le fait de faire le bouchon en l,air ,de me faire brasser ,de ne pas pouvoir redescendre quand je voulais sans faire des 360 .pourtant j,adore cette sensation de pilotage de glisse de vitesse . et puis un jour j,ai decouvert la mini voile cette sensation de solidité de pilotage attractif ma redonné confiance la posibilité de descendre sans risque ,quand je veux .je vole depuis un an en mini et c top .....

 mg
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« Répondre #17 le: 05 Mai 2010 - 19:41:16 »

Bonjour,
Merci pour ce retour d'expérience de ton arrêt de la pratique du parapente.
J'en profite directement, en tant que débutant le parapente. J'entrevois une facette de l'activité que je ne peux pas encore voir, avec mes quelques vols calmes (lassitude, peur).
Je comprends que tu arrêtes, surtout si ton plaisir était de crosser et que tu ne l'as en fait quasiment jamais assouvi. C'était un peu "voler pour voler".
Mais je suis aussi d'accord avec BenHoit, il est possible d'envisager un autre genre de pratique.

Et si, aujourd'hui, on te proposait de voler en bi ?
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« Répondre #18 le: 05 Mai 2010 - 19:43:28 »

Salut
Moi je pense que tu a arrêté pour la bonne raison (plus le gout) mais il me semble aussi que tu découvert trop tard que le parapente est un sport a risque . Pour moi apres 20 ans de pratique je dit encore que le jour ou j'ai plus le gout ou que j'ai plus la petites boule au ventre sur le deco et bien je vend le bordel et j'arrête
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« Répondre #19 le: 05 Mai 2010 - 19:59:12 »

la faial fait le bonheur d'une autre membre du forum  Clin d'oeil

PS : et sinon, c'est bien ça qui me gène dans le post de Thibaud : les "ravages" que ça peut faire sur le moral d'autres volants ... Je pense que j'ai été particulièrement sensible à certains de ces messages catastrophistes sur notre activité et ça m'a rendu trouillard ...
En y réfléchissant (mais peut être que je changerai d'avis après un gros vrac), on doit pouvoir une pratique sans risque (ou avec risque maitrisé) en volant avec du matériel adapté dans des conditions également adaptées à son niveau ... Et quand je vois le récit des 3 derniers vols de Thibaud, je crois qu'il s'est seulement mis en l'air dans les mauvaises conditions avec le mauvais matériel ....
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« Répondre #20 le: 05 Mai 2010 - 20:23:52 »

Pas grand chose à rajouter. Le récit est très beau et très lisible. Tu es seul maître de tes choix et je pense que dans ton cas (au vu de tes dires), les circonstances t'ont montré la voie.

Bien cordialement.

Thibault (aussi)
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Fondamentalement, ça ne va jamais assez vite !
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« Répondre #21 le: 05 Mai 2010 - 20:30:49 »

 salut ! thibo

 +1 au karma ton texte est tout simplement superbe... autant l'humour de la première partie est impeccable, autant le sérieux de l'analyse du seconde texte doit (je pense) interpeller tout parapentiste un tant soit peu conscient des enjeux (personnel) de l'activité.

je n'ai malheureusement pas le temps de répondre à ce texte ce soir ... mais je ne peux que recommander sa lecture à absolument tout le monde

(et non ce n'est pas nouveau cette limite à 200.000.000 de caractères ... mais en l'occurrence tu as encore su en tirer profit pouce )
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Pas de support par MP. Utilisez http://www.parapentiste.info/forum/le-chant-du-vario-b53.0/
Citation de: Bernard Werber
"L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir"
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« Répondre #22 le: 05 Mai 2010 - 20:34:18 »

Très bon texte, je crois que tu es dans le vrai en cherchant la source du stress plusieurs vols en amont, nos réactions plus ou moins inconscientes nous sont rarement dictées par l'environnement immédiat mais prennent sources bien plus tôt.
je prends encore 5 secondes : Thibaud cite son avant dernier vol qui était déjà le fruit d'un arrêt ... effectivement je pense aussi que les causes sont bien antérieures (j'ai bien quelques idées, mais je ne connais pas assez Thibaud, même si j'avais fait un bon score à son jeu pour deviner la réaction des copains Clin d'oeil )

Je crois sincèrement que tu as pris la bonne décision : savoir arrêter n'est vraiment pas facile, mais c'est quand même plus sain Exclamation
(et ça ne veux pas dire que tu ne revolera pas un jour ... avec plaisir)
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Pas de support par MP. Utilisez http://www.parapentiste.info/forum/le-chant-du-vario-b53.0/
Citation de: Bernard Werber
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« Répondre #23 le: 05 Mai 2010 - 20:46:11 »

j'ai beaucoup apprécié le récit de Thibaut, tant sur le style que sur le fond 1 , mais le ressenti qui est le mien de cette activité est assez différent du tien:
Il y a plusieurs explications possibles:

1/ nous ne volons pas dans les même conditions.
2/ nous n'avons pas la même perception de notre activité: je suis un mort en sursis.
3/ nous n'avons pas la même perception de notre activité: tu acceptes moins de te faire "secouer" en l'air.

je pense personnellement qu'il y a un peu des trois, à savoir que:

Le parapente doit se pratiquer dans des conditions à évaluer en fonction de notre niveau, qu'il faut avoir conscience des risques propres à notre activité et enfin qu'en dehors du vol en bord de mer et du plouf à 7heures du mat sans vent, l'aérologie n'est jamais laminaire comme on souhaiterait parfois qu'elle le soit.

comme d'autres l'on dit plus haut, peut-être qu'en essayant une autre pratique de cette activité, tu reprendrais goût au vol libre. Pour ma part, je ne saurais que te conseiller de gouter (si ce n'est pas déjà fait) au soaring en bord de mer. certains trouvent cette pratique lassante, pour d'autres, c'est l'occasion d'être en face d'une immensité bleue, dans un flux laminaire, avec le grand air du large qui te balaye le visage, un sentiment de grande sécurité eeeeet une grande sécurité effective!! l'occasion de pratiquer durant des heures sans avoir à t'occuper de logistique, de te poser dans le sable chaud pour piquer un roupillon quand tu le souhaites, de pratiquer le plaisir du gonflage (que beaucoup d'alpins n'ont malheuresement pas souvent l'occasion de pratiquer...)

Bon, je m'arrete là pour ne pas être à l'origine d'un exode massif de parapentistes alpins  Clin d'oeil

En tout cas, j'admire ton courage, je souhaiterais être capable d'autant de lucidité lorsque comme toi, la petite flamme s'éteindra.
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« Répondre #24 le: 05 Mai 2010 - 20:47:18 »

Tout d'abord quel régal de (re)lire ta plume ! Bravo !
Mais j'avoue que si je me suis régalé sur la forme, le fond m'a laissé plus perplexe.
Je rejoins assez les avis de BenHoit et Mathieu, et je pense que c'est surtout le manque de pratique qui t'as rendu mal à l'aise... Je me rappelle très bien l'époque de ta progression, assez fulgurante, puis de la chute de moral et donc de niveau qui s'en suivit (normale dans la vie d'un parapentiste paraît-il), car j'étais à peu près dans le même timing avec les mêmes sentiments et les mêmes doutes.
Mais pour moi, l'envie de voler est restée la plus forte, et je me suis arrangé pour avoir la disponibilité et la proximité nécessaire pour voler régulièrement et progresser à nouveau, et maintenant, ça va beaucoup mieux. Tout en respectant ta décision et en toute amitié, je regrette que tu n'aies pas suivi le même chemin que moi ; c'était quand même sympa de voler ensemble ! Clin d'oeil (oops, un smiley !)
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